11 dit tout #8 par Franck de Villeneuve

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Photo : Steff Saint E / Ocell Studio

Photo : Steff Saint E / Ocell Studio

11 dit tout ! par Franck de Villeneuve
Huitième billet d’humeur d’une série à paraître le 11 de chaque mois sur le site de la Fédération Française de Clubbing ! merci la fédé ! Déjà huit billets, çà file, j’ai toujours autant de plaisir à faire ça et avec le nombre grandissant d’abonnés à la Fédération Française de Clubbing, la tribune est large, c’est un exercice qui met le trac, comme tant d’autres, alors merci à vous toutes et tous pour les partages, les likes, tout çà ….
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11 dit tout ! – 11 novembre 2013

11 novembre, jour d’armistice, jour de cessez-le-feu, jour de paix. Si il y a bien une valeur que j’apprécie particulièrement, c’est la paix, j’ai été jusqu’à tatouer une colombe de la paix de Picasso dans mon cou, comme un souhait … Alors ce milieu artistique de la musique électronique est—il en paix, lui ?

Il y a certaines guerres, on ne peut pas le nier, nous sommes quand même au sein d’une économie qui génère pas mal d’argent, alors vous pensez bien, il y a du requin qui montre l’aileron à plein d’endroits. Ils se font de plus en plus rares quand on monte l’échelle de la professionnalisation, fort heureusement, mais tout au long de ce fastidieux parcours pour les nouveaux-venus c’est la loi de la concurrence, nous ne sommes pas au pays des Bisounours, loin de là !

Il faut faire son trou, il faut faire sa place, c’est un monde implacable, c’est un combat de tous les jours, on peut choisir de prendre les armes ou de brandir son art, mais combat il y a. Il y a ceux qui sont prêts à à s’inventer une notoriété, ceux qui sont prêts à marcher sur celui d’à côté, et ceux qui ne seront jamais artistes mais qui appliquent des méthodes d’école de commerce pour prendre une place. Le métier est attirant, c’est un milieu de festivité, avec tout ce que ça comporte. Comme il n’y a pas besoin de diplôme pour se déclarer artiste et vu qu’avec le numérique les outils sont plus qu’accessibles, vous vous doutez bien qu’il y a du monde prêt à s’engouffrer là et pas qu’un peu !

Quand je discute avec de jeunes artistes de l’envolée de ce phénomène de concurrence, certains disent être en guerre sans pitié, d’autres de s’y résigner, quelques uns préférant abandonner, et ceci pour des raisons de découragement, pas pour des raisons de teneur artistique. Quoiqu’il en soit tous y voient un reflet du comportement actuel de l’humanité et appellent cela la loi du business … Je ne suis pas expert en business mais je ne pense pas que ces comportements soient un bon calcul.

Pour les nouveaux « fakes » il faudra taper aux portes les moins reluisantes, casser les prix, accepter aléas et mauvaises surprises, se contenter de publics qui vous regardent plus qu’ils ne vous écoutent, et ça n’ira pas plus loin, la loi du people-zapping fera le reste …

Pour ceux qui se font la guerre, c’est un raisonnement à court terme et dangereux, ils ne se rendent même pas compte que c’est en sabotant la synergie induite par un microcosme local sain qu’ils appauvrissent eux-mêmes leur propre terrain de jeu.

Quant aux derniers, rappelons-leurs qu’avant de partir faire le vendeur, il faut quand même avoir quelque chose à vendre. Ils vendront peut-être du vide à la sauvette quelques temps mais il faudra bien qu’ils se mettent à créer du contenu.

Si nous voulons sortir de cet esprit guerrier ambiant, nous avons tous notre rôle à jouer. Les artistes, premiers concernés, doivent avoir un comportement plus éthique. Quant au public, aux lieux de diffusions ou organisateurs, aux producteurs phonographiques, ils ont tous la capacité de mettre en œuvre un vrai discernement artistique, et pas seulement économique, ce qui devrait redorer le blason du mot « concurrence ».

Franck de Villeneuve


Comments

  1. KOENIG dit :

    malheureusement parfois nous ressentons cette animosité jusqu aux dance-floors….musicalement votre.

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