Aufgang en route vers le haut de gamme

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De gauche à droite : Francesco Tristano, Aymeric Westrich, Rami Khalifé

De gauche à droite : Francesco Tristano, Aymeric Westrich, Rami Khalifé

Helena Hurry (FFC) rencontre Aufgang - Publié le 10 avril 2013.

Trois musiciens, un mélange hautement international et des créations sonores surprenantes. De passage à Paris, Francesco Tristano, Rami Khalifé et Aymeric Westrich, alias Aufgang, ont accordé quelques minutes à la FFC pour parler de leurs projets, de leurs envies et évidemment de leur deuxième album, Istiklaliya, qui sort le 15 avril 2013.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
Aymeric : Je suis batteur. J’ai travaillé avec Cassius et Phoenix entre autres. Je fais aussi de la réalisation pour d’autres artistes, notamment Kery James.
Francesco : Pour commencer je suis membre d’honneur de la FFC ! (rires). A part ça, j’ai commencé à faire de la musique quand j’avais 5 ans, je suis pianiste et nous avons commencé Aufgang tous les trois il y a huit ans.
Rami : Je suis Libanais, je viens d’une famille de musiciens. Mon père, Marcel Khalifé, est un musicien connu dans le monde arabe. J’ai une formation classique et je compose surtout pour des orchestres. Je fais un peu de solo et je joue surtout avec mon père et mon frère, Bachar.

Entre vos projets respectifs, vos vies de famille et l’éloignement géographique, comment faites-vous pour travailler ensemble ?
Aymeric : Moi et Rami nous vivons en région parisienne. Francesco à Barcelone. On travaille chacun de notre côté pour créer et trouver des idées. Puis on essaye de se réunir souvent pour répéter en studio.
Rami : On n’a pas de rôles fixes, chacun fait de tout, on est libre dans la création. Nos répétitions en studio c’est souvent le bordel mais des moments de grâce ressortent de ce bordel et on va y piocher des trucs.
Francesco : « Be yourself ! », voilà le vrai rôle de chacun. D’ailleurs Rami l’a bien compris puisqu’il est souvent en retard aux répétitions ! (rires). Sérieusement, quand ces moments de grâce arrivent, on les sample et on compose autour d’eux. Et tout ça est enregistré sur bande.

Pourquoi enregistrer sur bande quand on est à l’ère du numérique ?
Francesco : Ça nous oblige à nous limiter dans le temps et dans le nombre d’instruments que l’on utilise. On a 24 pistes et pas une de plus. Et c’est surtout pour question de qualité de son.
Aymeric : On avait besoin de se mettre des restrictions. L’énergie créée par nous trois dans un studio devait tenir en 24 pistes. Ça nous a permis de capter l’énergie d’un moment, sans trop de montage derrière, un peu comme les plans séquences au cinéma.

Scène ou studio, une préférence ?
Rami : Plutôt studio pour moi. J’apprécie ces moments privilégiés de création, à trois. Sur scène, on essaye finalement de recréer ce qu’on a fait en studio.
Francesco : Les deux ! J’aime bien le studio car c’est là qu’on exploite toutes les idées, c’est un moment fort. Après le premier album, les gens disaient préférer le live plutôt que l’album. On l’a pris en compte et on a essayé de mettre plus de live dans l’album.
Aymeric : Je préfère le studio aussi ! J’aime le temps, la recherche et l’expérimentation. Me faire chier sur le même temps de synthé pendant des heures, ça me plaît !

Pourquoi le nom « Aufgang » ?
Francesco : A Berlin, on se baladait dans un quartier d’ex-RDA. On était dans la cour intérieure d’un vieux bâtiment. Plusieurs escaliers permettaient de monter et au-dessus de chacun d’eux était indiqué Aufgang A, Aufgang B, Aufgang C… En allemand Aufgang ça veut dire escalier mais il y a aussi l’idée d’ascension, de mouvement vers le haut. C’est ce qui nous a plu. Et puis, moi je suis Luxembourgeois d’origine italienne, Rami est Libanais d’origine grecque et élevé en France, Aymeric est breton…  Déjà un sacré mélange alors on s’est dit pourquoi pas un nom allemand ?!

Votre musique fait penser à une bande originale de film. Si vous deviez travailler avec un réalisateur, ce serait lequel ?
Aymeric : Pour moi ce serait Michael Haneke. Ou Ridley Scott, avec qui j’aimerais beaucoup travailler aussi.
Rami : Gus Van Sant !
Francesco : On nous a souvent dit que notre musique faisait penser à des films de Dario Argento, un truc un peu barré. Mais je vais choisir Gus Van Sant aussi !

La chronique de Clément Perrin à propos de Istiklaliya.

 


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